D'où viens-tu?
Je suis né et j'ai grandi à Magdeburg, une petite ville d'Allemagne
située à 160 km au sud-ouest de Berlin, la capitale.
Es-tu issu d'une famille de musiciens?
Ni mes parents ni ma soeur aînée, Franziska, ne jouent d'un instrument ou chantent
ça ne les empêche pourtant pas d'être de grands amateurs de musique,en particulier
mon père. À la maison, il passait en boucle des vieilles cassettes de Bryan Adams,
d'Eric Clapton ou de Genesis. Machinalement, je m'amusais à battre le rythme en tapotant
sur une table ou sur des casseroles. De toute évidence, les percussions m'inspiraient.
Mes parents ont donc eu l'excellente idée de m'inscrire à une école de musique.
À quel âge ta passion pour la batterie s'est-elle révélée?
J'avais 5 ans lorsque j'ai débuté mes premiers cours de percussions. La batterie est
tout de suite devenue une véritable obsession. Tous les soirs en m'endormant, je
m'imaginais sur scène accompagnant en solo le chanteur Phil Collins. Très vite, la musique
m'est apparue comme une affaire sérieuse. Je voulais devenir batteur, et j'étais prêt à tout
pour y arriver.
Avaits-tu un endroit à toi pour t'entraîner?
En fait, pas vraiment... Quelques mois après mon inscription au conservatoire, mon
père est rentré un soir à la maison avec une batterie flambant neuve. Mes parents
ont alors accepté de l'installer dans le salon de notre appartement, sous réserve de
ne pas jouer après 22 heures. À plusieurs reprises, ma soeur m'a supplié de transférer
la batterie à la cave pour échapper au brouhaha de mes improvisations, mais en vain !
Quel genre d'enfant étais-tu?
À l'école, on me surnommait " le petit avec une grande gueule"[sourire]. Jusqu'à mes
dernières années de collège, ma taille restait en effet bloquée à 1.19 mètre. Et fatalement,
j'en retirais un grand complexe. Du coup, pour exister aux yeux des autres et attirer l'attention,
j'essayais de me faire remarquer.
De quelle manière te faisais-tu remarquer?
En classe, par exemple, j'interpellais régulièrement les profs. J'avais le chic pour dire
toujours le mot de trop. certains d'entre eux en ont vraimnt souffert. D'une manière générale,
je prenais la plus grosse voix possible, et j'étais le champion pour trouver les mots qui fâchent.
J'étais surtout un as de la provocation...
À la maison, jouais-tu aussi les contestataires?
Mes parents étaient très stricts en matière d'éducation. À la maison, il y avait d'ailleurs tout
un ats d'interdits. Par exemple, je n'avais pas le droit d'accrocher dse posters aux murs de
ma chambre pour ne pas abîmer le papier peint. Et toute contestation m'exposait à de sévères
sanctions. En contrepartie, mes parents ont toujours été les premiers à encourager ma vocation
de musicien et à me soutenir. Si je manquais de certaines libertés, je pouvais en revanche vivre
ma passion à cent pour cent.
Adolescent, qu'est-ce qui te faisait le plus enrager?
Le manque de liberté, justement, me rendait parfois dingue! J'aurais tout donné pour sortir en
boite le samedi soir avec mes copains. Mais à quoi bon y aller quand votre mère exige d'être
rentré avant 21 heures, l'heure où la soirée ne fait que commencer? Par bonheur, je suis majeur
maintenant...
En quoi le fait d'être majeur a changé ta vie?
Depuis le 8 septembre dernier, date de mon 18ème anniversaire, je me sens enfin libre! Désormais,
je ne me sens plus obligé de demander la permission pour faire ce dont j'ai envie. Cette nouvelle
autonomie a bouleversé ma vie. Attention, ça ne m'empêche pas d'être toujours respectueux à
l'égard de mes parents. Je gère simplement ma vie comme bon me semble.
As-tu quitté la maison?
Avec le succès de Tokio Hotel, nous sommes sur les routes la plupart du temps. ça ne me
sert donc pas à grand chose d'avoir mon propre appartement. De temps en temps, je partage
un pied-à-terre à Hambourg avec Bill, Tom et Georg, à deux pas de notre maison de disques.
Le reste du temps, je vis chez mes parents, et la situation me convient très bien.
T'arrive-t-il d'inviter des copines à la maison?
Je ne prendrais certainement pas le risque de ramener une fille chez mes parents. Ils
seraient capables de me parler fiançailles et mariages[rires]!
Quel genre de petit ami es-tu?
J'ai la réputation d'être un garçon délicat et attentionné. En outre, je prépare à merveille les dîneres romantiques aux chandelles[sourire].
Une fille a-t-elle déjà repoussé tes avances?
Je me souviens d'une copine dont j'étais tombé secrètement amoureux. Après des
semaines d'hésitation, je me suis finalement décidé à lui avouer mes sentiments dans
une lettre enflammée. Impatient de sa réaction, je suis allé sonner à sa porte quelques
heures plus tard. Et là, oh surprise, un garçon à l'air glacial m'a acceuilli. C'était en fait son
petit copain, dont j'ignorais l'existence. La situation était affreusement embarrassante.
Quels sont tes plus grandes qualités, et tes pires défauts?
Au rang des qualités, je citerais l'ambition, dans le bon sens du terme. J'aime me fixer des
défis qui m'obligent à me surpasser. Je crois également être chaleureux, ouvert et généreux.
Quand aux défauts, je ne peux pas nier être quelqu'un de bougon et parfois susceptible.
À propos de défauts, quels sont ceux de tes compagnons?
Georg est toujours en retard, c'est infernal. Avec Bill et Tom, on a tout essayé pour le faire
changer, mais en vain. Du coup, on passe notre temps à l'entendre (Georg qui écoute de
loin la conversation éclate de rire et hoche de la tête en guise d'acquiescement). Tom, lui,
a l'art de mettre les pieds dans le plat, surtout dans les situations délicates. Incapable de
tenir sa langue, il prononce souvent la petite phrase de trop, celle qui peut semer la zizanie...
Et Bill?
Bill a de la chance, il n'a aucun défaut[rires]!
En privé, quelle est l'ambiance au sein du groupe?
Nous sommes vraiment très liés les uns ax autres. Bill, Tom, Gorg et moi formons une vraie
bande de potes. Après un concert ou une séance de travail, nous restons tous les quatre à
discuter pendant des heures. Nous sommes tout le temps ensemble. Même les jours de repos,
on se retrouve le soir pour sortir et faire la fête.
Es-tu le plus sage du groupe?
Incontestablement[rires]!
Quel est l'un de tes plus grand rêves?
Accompagner Phil Collins à la batterie, rien qu'une fois. En dehors de cette lubie de gosse,
mon plus beau rêve, je le vis chaque jour avec Tokio Hotel. Je ne demande rien de plus.